• De la matière à l'Esprit

     

    PHYSIQUE DES ONDES

    ESSAI D'UNE NOUVELLE PHYSIQUE

    RUBRIQUE N° 19   De la matière à l'Esprit                                                                                                          De la nature et de l'origine de l'Esprit

     Par Paul Bouchard Le 27/03/2017

    1) INTRODUCTION

    Cette nouvelle rubrique est la suite des rubriques N°17 et N°18 dans lesquelles nous sommes passés de la biophysique à la bio-sociologie, puis de l'anthropologie structurale au monisme en passant par l'analyse systémique et la philosophie moderne.  

     Ces dernières rubriques constituent, en quelque sorte, le chapeau philosophique de notre blog édité sur le site : ''paulpb eklablog.fr physique des ondes'' qui présente l'essai d'une nouvelle physique établie sur des hypothèses différentes de la physique ''standard''. Ces hypothèses et l'ensemble de la thèse sont exposés sur ce blog au long de 6 chapitres, complétés par 4 post-scriptum. Il est évident que la lecture de cet ensemble de base est indispensable pour comprendre, et à fortiori accepter, les développements ultérieurs. Ceux-ci sont exposés dans les 19 rubriques de ce même blog, la présente rubrique clôturant la digression philosophique.

     Ces rubriques constituent une sorte de mise en situation de notre thèse face aux plus récents travaux scientifiques dans les domaines de la physique, de la chimie et de la biologie. Elles permettent une vision des problèmes sous un angle différent (des ondes au lieu de particules). Si l'on accepte nos hypothèses, la solution de ces problèmes est théoriquement plus simple et se révèle en plus grande conformité avec la réalité expérimentale.

     Nous avons expliqué dans le blog à plusieurs reprises, pourquoi les physiciens n'ont pas pu choisir entre les ondes et les particules, et comment la physique des particules, entraînée par une mathématique probabiliste, a dérivé vers une physique théorique peuplée de particules virtuelles ou semi-réelles dont on cherche à cerner la réalité depuis 90 ans (en vain semble-il). La poursuite de ces recherches sur les particules entraîne une course vers les plus hautes énergies et nécessite donc des installations de plus en plus coûteuses.

     Les résultats obtenus par ces études ne semblent pas permettre les grandes avancées réclamées par les états bailleurs de fonds. Par contre, l'utilisation des ondes (pas forcément de haute fréquence) est une donnée permanente des techniques les plus avancées, celles précisément que l'on voit apparaître dans les domaines de grand usage public et qui intéressent au plus haut point les industriels et les laboratoires. Est-ce pour cette dernière raison que le domaine des ondes est sous-estimé par les chercheurs en physique fondamentale ?

     A partir de la rubrique N°15, sans abandonner la chimie et la physique, j'ai voulu étudier le rôle tenu par les ondes dans le domaine de la matière vivante, dans la constitution des bio-molécules, des cellules des organes et des êtres. Cela m'a conduit à rechercher l'origine de la vie, puis de l'intelligence. La sociologie et la philosophie ne sont pas loin. Elles ont fait l'objet des rubriques N°17 et N°18. Cela nous a permis de situer la physique des ondes et ses hypothèses dans une lignée philosophique que l'on peut définir ainsi : positiviste, structuraliste, systémique, holiste, à la fois émergentiste et réductionniste.

     Si la position de la physique des ondes par rapport au monisme est claire sur le plan de la matière, notre conclusion de la rubrique N°18 a montré mon incapacité actuelle, en l'état de nos réflexions, à situer le domaine de l'esprit et de l'intelligence par rapport à celui des ondes de matière. Plusieurs questions restent posées. L'apport par endosymbiose du langage génétique (et de l'intelligence ?) des virus dans les molécules de composés organiques, pose le problème de la conception initiale du logiciel du vivant dans ces virus (voir la rubrique N°16 chapitre N°6). La deuxième question est en partie liée à la première, serait-il possible que le domaine de l'esprit, du psychisme et du spirituel soit également ''porté''par des ondes circulant dans la ''substance de l'espace'' ?

     En posant ces questions, nous abordons des problèmes philosophiques complexes qui se trouvent à la base de la philosophie et de la métaphysique. Les diverses réponses à ces questions sont en rapport avec les fondements de la plupart des traditions spirituelles et religieuses, depuis les concepts de Tao, de Brahman et des religions orientales jusqu'aux dogmes des religions monothéistes actuelles. Ces questions ont trouvé des réponses également diverses chez tous les grands penseurs de toutes les époques. Il n'est pas possible de faire état de toutes les conceptions mais, en ce qui concerne les religions, vous pouvez vous reporter au paragraphe N°65 du chapitre N°6 du blog qui traite du ''sens de la vie''. Sur la métaphysique, voyez le post-scriptum N°3 ''aux origines de la métaphysique''

     2)  DÉFINITIONS

     Pour ne pas nous perdre dans l'étude des diverses conceptions philosophiques, nous choisissons d'aborder notre problème à partir des concepts philosophiques suivants : monisme et dualisme, panthéisme, créationnisme. Pour commencer il faut définir ces termes, et, pour cela, nous choisissons d'extraire ces définitions de textes issus de l'encyclopédie Wikipédia que nous remercions à nouveau.

     En philosophie, le monisme est un système de pensée et une doctrine défendant la thèse selon laquelle tout ce qui existe (l'univers, le cosmos, notre monde), est essentiellement constitué d'une seule substance qui est, soit la matière (matérialisme), soit l'esprit (spiritualisme). Le monisme s'oppose à toutes les philosophies dualistes, platonicienne et cartésienne, qui séparent le monde matériel ou physique du monde psychique ou spirituel. Pour le dualisme au contraire, les deux entités matière et esprit coexistent et sont irréductibles l'une à l'autre.

     Le mot « monade », qui relève de la métaphysique, signifie étymologiquement « unité ». C'est l'Unité parfaite qui est le principe absolu. C'est l'unité suprême (l'Un, Dieu, le Principe des nombres), mais ce peut être aussi, à l'autre bout, l'unité minimale, l'élément spirituel minimal. Plus subtilement, la notion de monade évoque un jeu de miroirs entre l'Un ( la Monade comme unité maximale) et les monades (les éléments des choses, ou les choses en tant qu'unités minimales, reflets de l'Un).

     Le panthéisme est une doctrine philosophique selon laquelle Dieu est tout. Elle se distingue du monothéisme en considérant que Dieu n'est pas un être personnel distinct du monde, mais qu'il est l'intégralité du monde, cette conception est appelée l'immanence par opposition au principe de transcendance du Dieu créateur monothéiste.

     Le créationnisme désigne, au sens large, une doctrine d'ordre religieux selon laquelle un ou plusieurs êtres divins sont les créateurs de la vie, et qui s'oppose généralement au principe d'évolution du vivant basé sur la sélection naturelle. Les courants créationnistes montrent une grande diversité suivant les époques, les pays et les religions.

     Ainsi le « créationnisme Jeune-Terre » lit la Bible ou le Coran comme s'ils étaient des livres de science naturelle et d'histoire, véhiculant la croyance selon laquelle le récit de la création de l'univers, tel que fourni par les textes religieux, donne une description littéralement exacte de l'origine de l'Univers. Cette interprétation littérale de textes comme la Genèse, s'appuie sur la conviction que ces textes ont été « dictés par Dieu » comme vérités absolues, définitives et indiscutables. Ce courant de pensée est généralement associé au refus de toute idée d'évolution biologique et géologique.

     Le dessein intelligent est présenté comme une théorie scientifique par ses promoteurs mais, dans le monde scientifique, il est considéré comme relevant de la pseudo-science par des arguments internes à la biologie. Les promoteurs de ce concept, dans le domaine de la biologie et de la biochimie, affirment que la théorie scientifique traditionnelle de l'évolution par voie de sélection naturelle ne suffit pas pour rendre compte de l'origine, de la complexité et de la diversité de la vie. En particulier, ils estiment qu'il existe des exemples de complexité irréductible qui ne peuvent être expliqués par le darwinisme.

     Cette thèse de la complexité irréductible est rejetée par une très large majorité de la communauté scientifique. Les critiques considèrent que cette thèse est fondée sur une incompréhension du fonctionnement des systèmes biochimiques, et une méconnaissance des mécanismes de l'évolution, en particulier de l'exaptation. L'origine de ce terme est attribuée aux biologistes Stephen J. Gould et Elizabeth Vrba, dans un article expliquant comment des caractéristiques physiques complexes peuvent apparaître et évoluer à partir de structures initiales simples. Il faut noter que l'exaptation est l'une des dimensions de l'évolution qui intéresse la biologie de synthèse. Celle-ci voudrait s'en inspirer pour créer des gènes, des voies métaboliques ou des organismes nouveaux à partir de systèmes existants à modifier ou à détourner.

     Nous devons constater que toutes les différentes thèses dont nous venons de parler ne concernent pas seulement les scientifiques, mais que les concepts qu'elles mettent en évidence sont essentiellement philosophiques et que les différentes conceptions mettent en cause les religions les sociétés et même l'homme en particulier.

     Nous connaissons en partie le point de vue actuel de l'église catholique. En effet Jean-Paul II et son successeur Benoît XVI ont déclaré qu'ils ne s'opposent pas aux théories de l'évolution, qui sont du ressort du monde scientifique, mais ils réfutent toute doctrine matérialiste qui aboutirait à faire de l'Homme « le produit accidentel et dépourvu de sens de l'évolution ». Il ne s'agit pas pour eux de débattre des mécanismes de l'apparition de l'Homme, mais ils refusent les théories de l'évolution qui dictent la vision que l'on doit avoir de la personne humaine. Ils en réfutent certaines « qui, en fonction des philosophies qui les inspirent, considèrent l’esprit comme émergeant des forces de la matière vivante ou comme un simple épiphénomène de cette matière, elles sont alors incompatibles avec la vérité de l’homme ».

     Je n'ai aucune attirance pour la théologie et ne suis pas compétent dans ce domaine. Cependant je connais les contradictions historiques et presque systématiques entre les connaissances scientifiques nouvelles et la théologie fondamentale de l'église catholique. Ayant passé 10 ans dans un collège de jésuites je sais que ces derniers ont toujours eu l'esprit beaucoup plus ''souple'' que celui qui règne à la curie vaticane. Le clash actuel entre celle-ci et le pape jésuite François en est la meilleure preuve. Ayant justement connu la ''dérive'' cachée de quelques jésuites concernant certains dogmes, je désire étudier, avant le monisme de Spinoza, ''le cas'', litigieux pour l'église, du père jésuite Pierre Teilhard de Chardin afin de comprendre les idées de ce scientifique qui portent justement sur les problèmes que nous posons dans cette rubrique.

     3) LE PHÉNOMÈNE HUMAIN

     31) Le scientifique et l'écrivain

     << Le Phénomène humain est un essai philosophique et théologique écrit par le père Pierre Teilhard de Chardin. Paru une première fois en 1955 (après la mort de l'auteur) il eut un grand succès et fut souvent réédité. Prêtre jésuite et paléontologue connu internationalement, Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) était un penseur innovant n'hésitant pas à confronter ses découvertes paléontologiques avec la pensée ambiante et l'enseignement officiel de l'Église catholique, ce qui lui a valu des déboires avec les autorités ecclésiastiques. Même s'il lui fut interdit de publier (mais non pas d'écrire…) il fut un paléontologue et philosophe aussi écouté qu'influent dans les années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale. >> Wikipédia

     << Le Phénomène humain que l'on considère généralement comme son œuvre la plus importante, donne une claire idée de sa pensée qu'il reprendra dans des textes ultérieurs. Le livre est développé selon trois axes. Les deux premiers sont complémentaires en ce sens qu'ils partent de l'apparition de la vie au sein du minéral et de l'apparition de la pensée au sein du vivant. Le dernier traite de la pensée humaine dans une « noosphère », unifiant atmosphère et biosphère et convergeant vers un point unificateur qu'il appelle le « point Oméga ». C'est dans ce chapitre qu'on passe, d'un travail essentiellement scientifique, au point de vue d'un théologien chrétien prenant une option plutôt dynamique et positive sur le rôle de l'évolution. >> Wikipédia

     32) Le texte, généralités

     J'ai trouvé sur internet le texte intégral de cette publication.En voici la référence: http://classiques.uqac.ca/classiques/chardin_teilhard_de/phenomene_humain/tdc_pheno.pdf

    Cette édition électronique a été réalisée par Pierre Palpant, bénévole, Paris.

    L'essentiel du texte a été écrit par P.Teilhard de Chardin à Pékin entre juin 1938 et juin 1940. Il a été complété à Rome en octobre 1948 mais n'a donc été publié que post-mortem en 1955.

    Dans son avertissement préliminaire (écrit en Mars 1947) P.Teilhard de Chardin tient à préciser que son étude porte essentiellement sur l'Homme : << Prééminente signification de l’Homme dans la Nature, et nature organique de l’Humanité : deux hypothèses qu’on peut essayer de refuser au départ, mais sans lesquelles je ne vois pas qu’on puisse donner une représentation cohérente et totale du Phénomène Humain....Dans le cas particulier de l’Essai ici présenté, deux options primordiales, je tiens à le faire remarquer, s’ajoutent l’une à l’autre pour supporter et commander tous les développements. La première est le primat accordé au psychique et à la Pensée dans l’Étoffe de l’Univers. Et la seconde est la valeur « biologique » attribuée au Fait Social autour de nous. >>

    P. Teilhard de Chardin, bien qu'il ne soit pas physicien, commence son étude par un bref exposé des connaissances scientifiques de l'époque concernant la matière. Il le fait dans un style lyrique qui montre son admiration pour les connaissances scientifiques acquises en début du 20ème siècle concernant la structure de l'atome, les liaisons énergétiques, la force atomique que l'on venait de découvrir, (et d'utiliser ! ), ainsi que toutes les découvertes faites en biologie. Évidemment il y est question de particules, de ''grains'' d'énergie et d'espace-temps et non pas d'ondes ni de ''substance de l’espace''.

    Il est difficile pour moi qui voit la matière faite d'ondes, de la ''penser'' entièrement en particules et donc d'expliquer correctement ce que P. Teilhard de Chardin entend par ''l'étoffe de la matière''. Son texte est considérable en paléontologie et ses connaissances sur l'évolution des espèces marquent la suite logique de son exposé. C'est pourquoi j'en recommande la lecture malgré sa difficulté. Je suis cependant obligé ici d'en extraire les éléments que je désire mettre en lumière. Afin de ne pas le dénaturer, je vais donc reproduire ici quelques-uns des passages qui me paraissent le mieux expliciter sa pensée. Commençons par ce qu'il appelle le ''dehors'' de l'étoffe de la matière. Je signale que c'est moi qui ai souligné en gras certains mots.

    33) Les trois faces de la Matière : Pluralité, unité, énergie

    Pluralité. << L’Homme n’a pas eu besoin du microscope, ni de l’analyse électronique, pour se douter qu’il vivait entouré et supporté de poussière. Mais pour compter et décrire les grains de cette poussière il ne fallait rien moins que la patiente sagacité de la Science moderne... chaque unité plus petite de matière tend à se réduire, sous l’analyse de nos physiciens, en quelque chose de plus finement granulée qu’elle-même. Et, à chaque nouvelle marche ainsi descendue vers l’amoindrissement dans le plus grand nombre, c’est la figuration totale du Monde qui se renouvelle et s’estompe. >>

     Unité d’homogénéité. << Or, plus nous clivons et pulvérisons artificiellement la Matière, plus se laisse voir à nous sa fondamentale unité. Sous sa forme la plus imparfaite, mais la plus simple à imaginer, cette unité se traduit par une étonnante similitude des éléments rencontrés. Molécules, atomes, électrons, ces minuscules entités, quels que soient leur ordre de grandeur et leur nom, manifestent (au moins à la distance où nous les observons) une parfaite identité de masse et de comportement. Dans leurs dimensions et leurs opérations, elles paraissent étonnamment calibrées, et monotones. Comme si tous les chatoiements de surface par où sont charmées nos vies tendaient à s’éteindre en profondeur. Comme si l’étoffe de toute étoffe se ramenait à une simple et unique forme de substance.

    Unité de structure. << Et, avons-nous ajouté, unité collective. Les foyers innombrables qui se partagent en commun un volume donné de Matière ne sont pas pour autant indépendants entre eux. Quelque chose les relie les uns aux autres, qui les fait solidaires. Loin de se comporter comme un réceptacle inerte, l’espace qu’emplit leur multitude agit sur elle à la manière d’un milieu actif de direction et de transmission, au sein duquel leur pluralité s’organise. Simplement additionnés ou juxtaposés, les atomes ne font pas encore la Matière. Une mystérieuse identité les englobe et les cimente, à laquelle notre esprit se heurte, mais est bien forcé finalement de céder. >>

    << L’Énergie, la troisième des faces de la Matière. Sous ce mot, qui traduit le sens psychologique de l’effort, la Physique a introduit l’expression précise d’une capacité d’action, ou plus exactement d’inter-action. L’énergie est la mesure de ce qui passe d’un atome à l’autre au cours de leurs transformations. Pouvoir de liaison, donc ; mais aussi, parce que l’atome paraît s’enrichir ou s’épuiser au cours de l’échange, valeur de constitution. Du point de vue énergétique, renouvelé par les phénomènes de radio-activité, les corpuscules matériels peuvent maintenant se traiter comme les réservoirs passagers d’une puissance concentrée. Jamais saisie, en fait à l’état pur, mais toujours plus ou moins granulée (jusque dans la lumière !) l’Énergie représente actuellement pour la Science la forme la plus primitive de l’Étoffe universelle. >>

    34) Le Dedans de l'étoffe de la matière

    Après avoir décrit la matière telle que la physique des particules la représente à l'époque (ce qui n'a guère évolué), P. Teilhard de Chardin constate l'existence de l'Homme avec sa ''conscience''.

    << Ici, comme ailleurs dans ce livre, le terme « Conscience » est pris dans son acception la plus générale, pour désigner toute espèce de psychisme, depuis les formes les plus rudimentaires concevables de perception intérieure jusqu’au phénomène humain de connaissance réfléchie. >>

    << Nous venons de décrire, dans ses liaisons et ses dimensions mesurables, le Dehors de la Matière. Il nous faut, pour avancer plus loin dans la direction de l’homme, étendre la base de nos constructions futures au Dedans de cette même Matière. >>

    << Autour de notre planète naissante, en plus des premières ébauches d’une Barysphère métallique, d’une Lithosphère silicatée, d’une Hydrosphère et d’une Atmosphère, il y a donc lieu de considérer les linéaments d’une enveloppe spéciale — antithèse, pourrait-on dire, des quatre premières : zone tempérée de la polymérisation, où Eau, Ammoniaque, Acide carbonique, flottent déjà, baignée de rayons solaires. Négliger cette buée ténue serait priver l’astre juvénile de sa plus essentielle parure. Car c’est en elle que graduellement, si nous nous fions aux perspectives que je développais un peu plus haut, va bientôt se concentrer « le Dedans de la Terre » La Matière ne s’étend plus sous nos yeux en nappes indéfinissables et diffuses. Elle s’est enveloppée sur elle-même en un volume, fermé. Comment son feuillet interne va-t-il réagir à ce reploiement ? >>

    << S’il est une perspective clairement dégagée par les derniers progrès de la Physique, c’est bien qu’il y a pour notre expérience, dans l’unité de la Nature, des sphères (ou paliers) d’ordres différents, caractérisés chacun par la dominance de certains facteurs devenant  imperceptibles ou négligeables dans la sphère ou sur le palier voisins. >>

    << Dans le domaine de la Physico-chimie, pour une raison qui va se montrer bientôt, les objets ne se manifestent que par leurs déterminismes externes. La même attitude intellectuelle échoue complètement avec l’Homme, chez qui l’existence d’un « intérieur » ne peut plus être esquivée, puisque celui-ci devient l’objet d’une intuition directe et l’étoffe de toute connaissance. >>

     << Aux  yeux  du  Physicien,  il  n’y  a  légitimement  rien  (au  moins  jusqu’ici)  qu’un  « dehors » des Choses. Au fond de nous-mêmes, sans discussion possible, un intérieur apparaît, par une déchirure, au cœur des êtres. C’en est assez pour que, à un degré ou à un autre, cet « intérieur » s’impose comme existant partout et depuis toujours dans la Nature. Puisque, en un point d’elle-même, l’Étoffe de l’Univers a une face interne, c’est forcément qu’elle est biface par structure, c’est-à-dire en toute région de l’espace et du temps, aussi bien par exemple que granulaire : Coextensif à leur Dehors, il y a un Dedans des Choses. >>

    << Des savants se sont crus forcés de rejeter sur quelques germes interstellaires le pouvoir d’ensemencer les astres refroidis. Cette hypothèse défigure, sans rien expliquer, la grandeur du phénomène vivant, et celle aussi de son noble corollaire, le phénomène humain. En fait, elle est parfaitement inutile. Pourquoi chercherions-nous dans l’espace, pour notre planète, des principes incompréhensibles de fécondation ? La Terre juvénile, de par sa composition chimique initiale, est elle-même, dans sa totalité, le germe incroyablement complexe dont nous avons besoin. Congénitalement, oserais-je dire, elle portait la Prévie en elle, et celle-ci en quantité définie. Toute la question est de préciser comment, à partir de ce quantum primitif, essentiellement élastique, tout le reste est sorti. >>

    << Considéré à l’état prévital, le Dedans des Choses, dont nous venons d’admettre la réalité jusque dans les formes naissantes de la Matière, ne doit pas être imaginé comme formant un feuillet continu, mais comme affecté de la même granulation que la Matière elle-même. Nous aurons bientôt à revenir sur ce point capital. Au plus lointain que nous commencions à les apercevoir, les premiers vivants se manifestent à notre expérience,   en   grandeur   et   en   nombre,   comme   des   sortes   de   « méga »   ou   "d’ultramolécules " : une multitude affolante de noyaux microscopiques. Ceci veut dire que, par raison d’homogénéité et de continuité, le prévivant se devine, au-dessous de l’horizon, comme un objet participant à la structure et aux propriétés corpusculaires du Monde. >>

    << Regardée du dedans, aussi bien qu’observée du dehors, l’Étoffe de l’Univers tend donc à se résoudre également vers l’arrière en une poussière de particules :

    1) parfaitement semblables entre elles (au moins si on les observe à grande distance) ; 2) coextensives chacune à la totalité du domaine cosmique

    3) mystérieusement reliées entre elles enfin, par une Énergie d’ensemble. Point par point, à ces profondeurs, les deux faces externe et interne du Monde se répondent. Si bien que, de l’une à l’autre on peut passer, à la seule condition de remplacer « inter-action mécanique » par « conscience » dans la définition [qui sera] donnée plus loin des centres partiels de l’Univers.>>

    << L’atomisme est une propriété commune au Dedans et au Dehors des Choses. Nous pouvons être sûrs qu’à la conscience la plus développée correspondra chaque fois un bâti plus riche et mieux agencé. Le plus simple protoplasme est déjà une substance de complexité inouïe. La concentration d’une conscience, pouvons-nous dire, varie en raison inverse de la simplicité du composé matériel qu’elle double. Ou encore : une conscience est d’autant plus achevée qu’elle double un édifice matériel plus riche et mieux organisé. >>

     35) L'énergie de la matière et l'énergie spirituelle

    << Au problème de l’Énergie spirituelle les considérations qui suivent n’ont pas, bien entendu, la prétention d’apporter une solution vraiment satisfaisante. Leur but est simplement de montrer, sur un exemple ce que devrait être, selon moi, la ligne de recherche adoptée et le genre d’explication poursuivi par une science intégrale de la Nature. >>

    << Les deux Énergies, physique et psychique, répandues respectivement sur les deux feuillets externe et interne du Monde ont dans l’ensemble la même allure. Elles sont constamment associées et passent en quelque façon l’une dans l’autre. Mais il semble impossible de faire se correspondre simplement leurs courbes. D’une part, une fraction infime seulement d’Énergie « physique » se trouve utilisée par les développements les plus élevés de l’Énergie spirituelle. Et d’autre part cette fraction minime, une fois absorbée, se traduit sur le tableau intérieur par les oscillations les plus inattendues. >>

    << Pour échapper à un impossible et anti-scientifique dualisme de fond, et pour sauvegarder cependant la naturelle complication de l’Étoffe de l’Univers, je proposerai donc la représentation suivante, qui va servir de fond à toute la suite de nos développements. Essentiellement, nous l’admettrons, toute énergie est de nature psychique. Mais, en chaque élément particulaire, ajouterons-nous, cette énergie fondamentale se divise en deux composantes distinctes : une énergie tangentielle qui rend l’élément solidaire de tous les éléments de même ordre (c’est-à-dire de même complexité et de même « centréité ») que lui-même dans l’Univers ; et une énergie radiale, qui l’attire dans la direction d’un état toujours plus complexe et centré, vers l’avant. >>

    << A partir de cet état initial, et à supposer qu’elle dispose d’une certaine énergie tangentielle libre, il est clair que la particule ainsi constituée, se trouve en mesure d’augmenter d’une certaine valeur sa complexité interne en s’associant avec des particules voisines, et par suite (puisque sa centréité s’en trouve automatiquement accrue) de faire monter d’autant son énergie radiale, laquelle, à son tour, pourra réagir sous forme d’un nouvel arrangement dans le domaine tangentiel. Et ainsi de suite. >>

    Je dois dire que j'ai été assez surpris par cette représentation double de l'énergie universelle qui est faite dans une optique de physique des particules, à cause de la grande difficulté à imaginer, autour de chaque poussière de matière, l'existence de ''grains d'énergie'' tangentiels et, à l’intérieur, d'autres grains d'énergie ''radiaux''. Nous savons en effet que le concept d'énergie exprime l'idée de force, de travail, de mouvement et non de grain.

    Par contre, si on la transpose dans notre physique des ondes, cette image correspond exactement à notre électron avec son onde double, énergétique et structurelle. Si l'on suit l'idée de P Teilhard de Chardin, cela voudrait-il dire que l'onde de structure de l'électron soit également une onde de vie et une onde ''psychique'' ? Une onde de ''conscience'' en quelque sorte ?

    Nous allons ci-dessous comparer notre thèse de la physique des ondes concernant l'électron (onde double, énergétique et structurelle) à la thèse de P. Teilhard de Chardin qui fait de cette ''énergie radiale'' la base de la structuration de la matière et de son évolution jusqu'à l'énergie spirituelle.

    36) Énergie radiale et onde de structure

    J'espère interpréter correctement la pensée profonde que P. Teilhard de Chardin exprime dans cette notion d'énergie radiale qui << attire la particule de matière dans la direction d’un état toujours plus complexe >>. En effet, toute sa thèse sur l'origine de la vie, sur la conscience et la spiritualité de l'homme, se veut basée sur l'existence, dans la matière même, d'une force d'évolution intérieure, d'une énergie ''radiale'' liée intimement à une autre énergie dite ''tangentielle'' qui, elle, assure (entre autre fonction), la liaison des particules .

    Il faut admettre que le concept de physique de particules et des ''grains'' d'énergie ne permet pas d'imaginer facilement la double notion d'énergie tangentielle et radiale interne à chacune des échelles de la matière (électron, atomes, molécules, biomolécules, cellules, organes, êtres vivants, sociétés, etc.). Si j'ai bien compris, Teilhard voit ces grains d'énergie radiale contenus dans des ''sphères'', barysphère (noyau central), lithosphère ( masse inerte de la croûte terrestre), biosphère ( monde physique essentiellement à base de carbone, d'oxygène et d'hydrogène). La biosphère peut également se définir comme l'ensemble des organismes vivants et de leurs milieux de vie, donc comme la totalité des écosystèmes présents que ce soit dans la lithosphère, l'hydrosphère et l'atmosphère. Il voit cette ''complexification'' se réaliser encore beaucoup plus loin grâce à la même énergie, pour former la sociosphère (ensemble des relations humaines et/ou écologiques) et aboutir à la noosphère ( << sorte de  conscience collective de l'humanité  qui regroupe toutes les activités cérébrales et mécaniques de mémorisation et de traitement de l'information >>) .

    C'était à l'époque une vue prospective dont nous voyons actuellement la réalisation progressive, avec l'angoisse que le ''progrès'' imaginé par Teilhard se transforme en apocalypse plutôt qu'en la ''parousie'' qu'il envisageait. Je n'ai pas autant de certitude que Teilhard sur cette complexification finale, ni même sur l'émergence de la vie qui est conjointe à l'apparition du langage et de l'intelligence (voir le rôle des virus rubrique N°16 chapitre N°63) (Teilhard parle également des virus). D'autant plus que Teilhard a basé toute ses hypothèses sur l'existence de l'énergie spirituelle (la ''conscience'') chez l'homme. C'est cette même énergie qu'il ''redescend'' jusqu'à la particule élémentaire de matière et qu'il appelle ''radiale''.

    Dans la physique des ondes, nous sommes partis, en sens inverse, de l'électron jusqu'à la cellule vivante et à la sociologie. Notre départ est même fait plus profondément à partir de la substance de l'espace dans laquelle l'énergie des ondes crée la matière. Mon opinion personnelle est que si Teilhard avait connu nos hypothèses il aurait pu établir sa thèse avec plus de rationalité. Il aurait fallu qu'il adopte, comme je l'ai fait, la thèse de Jean-Jack Micalef sur la substance de l'espace et celle de Gabriel Lafrenière sur la matière faite d'ondes.

    C'est maintenant dans les profondeurs de la matière et donc dans la substance de l'espace que nous nous dirigeons en étudiant la philosophie de Spinoza dont la base est précisément la substance divine et la ''théorie du tout'', le monisme, qui s'oppose (en principe seulement) à la thèse de Teilhard.

    4) L’ÉTHIQUE  DE  SPINOZA

    41) Le philosophe et l'écrivain

    Les trois paragraphes suivants sont extraits de Wikipédia :

    << Baruch Spinoza, né le 24 novembre 1632 à Amsterdam et mort le 21 février 1677 à La Haye, est un philosophe néerlandais d'origine portugaise dont la pensée eut une influence considérable sur ses contemporains et nombre de penseurs postérieurs. Issu d'une famille juive marrane portugaise ayant fui l'Inquisition, Spinoza fut un héritier critique du cartésianisme. Il prit ses distances vis-à-vis de toute pratique religieuse, mais non envers la réflexion théologique, grâce à ses nombreux contacts inter-religieux. Après sa mort, le spinozisme connut une influence durable et fut largement mis en débat. L'œuvre de Spinoza entretient en effet une relation critique avec les positions traditionnelles des religions révélées que constituent le judaïsme, le christianisme et l'islam. >>

    << Si sa doctrine repose sur une définition de Dieu, suivie d'une démonstration de son existence et de son unicité et propose une religion rationnelle, Spinoza fut à tort couramment compris comme un auteur athée et irréligieux. En effet, ses conceptions théologiques qui relèvent du panthéisme, mais aussi sa conception historiciste de la rédaction de la Bible, tendent à s'opposer aux dogmes religieux de la transcendance divine et d'une révélation surnaturelle. >>

    42) L'éthique

    << L'Éthique est une œuvre philosophique de Spinoza rédigée en latin entre 1661 et 1675, publiée à sa mort en 1677 et interdite l'année suivante. Il s'agit sans doute de son ouvrage le plus connu et le plus important : son impact, entre autres sur les penseurs français, va grandissant depuis les années 1930. >>

    Du fait que Spinoza a écrit son œuvre en langage philosophique du 17ème siècle et en plus en latin, sa traduction et sa lecture sont difficiles. Il est alors nécessaire d'étudier la définition de chaque mot et d'interpréter le sens de chaque phrase. De surcroît, la ''forme géométrique'' de l’œuvre est surprenante, avec ses définitions, axiomes, propositions, explications, démonstrations, corollaires, scolies. On trouve sur internet de nombreux sites qui analysent et interprètent chacune des propositions contenues dans les cinq parties de l’œuvre qui sont les suivantes :

    I De Dieu

    II De la Nature et de l'Origine de l'Esprit

    III De l'Origine et de la Nature des Sentiments

    IV De la Servitude humaine, ou des Forces des Sentiments

    V De la Puissance de l'Entendement, ou de la Liberté humaine

    Je reproduit ci dessous les premières définitions qu'il expose en tout début de la première partie.

    * Par cause de soi, j’entends ce dont l’essence enveloppe l’existence, autrement dit, ce dont la nature ne peut se concevoir qu’existante.

    * Par substance, j’entends ce qui est en soi, et se conçoit par soi, c’est-à-dire ce dont le concept n’a pas besoin du concept d’autre chose d’où il faille le former.

    * Par attribut, j’entends ce que l’intellect perçoit d’une substance comme constituant son essence.

    * Par mode, j’entends les affections d’une substance, autrement dit, ce qui est en autre chose, et se conçoit aussi par cette autre chose.

    * Par Dieu, j’entends un être absolument infini, c’est-à-dire une substance constituée d’une infinité d’attributs, dont chacun exprime une essence éternelle et infinie. Dieu existe ''nécessairement'' et tous ses attributs sont éternels.

    43) Interprétations de la première partie

    Contrairement à P. Teilhard de Chardin qui a centré son œuvre sur l'homme, descendant de la conscience jusqu'à la particule de matière et remontant de l'esprit jusqu'à Dieu, Spinoza est parti d'une ''substance'' éternelle et infinie qui comprend tout ce qui existe, et qu'il appelle Dieu.

    Le terme de ''substance'' attribué à Dieu éternel et infini, pose beaucoup de problèmes de compréhension aux philosophes qui ont longtemps discuté à ce sujet. Voici quelques interprétations des définitions précédentes qui sont extraites de plusieurs sites internet :

    Selon Wikipédia

    Le concept d'essence désigne en métaphysique une distinction de l'être.   Il désigne « ce que la chose est », par opposition au concept d'existence qui, lui, définit « l'acte d'exister ».

    Selon larousse.fr/dictionnaires/francais

    << Un attribut est ce qui appartient en propre à quelqu'un, à quelque chose. La parole est un attribut de l'homme. Dans la philosophie classique un attribut est ce que l'on sait de la substance en général.

    La substance chez Spinoza, c'est tout ce qui existe par soi-même et est concevable par soi-même. Elle se confond avec Dieu. Elle a une infinité d'attributs, l'homme n'en perçoit que deux, l'étendue et la durée. >>

    Selon http://spinoza.fr/articles :

    << A la propriété d’être « cause de soi » un être qui se cause lui-même, qui existe entièrement par soi, entraîne de soi seul sa propre existence (sans besoin d’une autre cause) ; causalité interne (auto-causalité) et non externe (hétéro-causalité), causalité absolue  (indépendance causale)  et  non  relative.    Dans  le  concept  de cause  de  soi  « s’évanouit la distinction de la cause et de l’effet » (Guéroult)....

    Le terme « envelopper » signifie ''impliquer'' ( rapport de causalité nécessaire entre choses). >>

    Rapporté par http://www.histophilo.com/baruch_spinoza.php

    << La substance et les attributs forment ce que Spinoza nomme la Nature naturante, par opposition à la Nature naturée, constituée de l'infinité des modes (modifications de la substance) produits obligatoirement par Dieu en lui-même. >> (Éthique I, scolie Prop. 29)

    << Les modes sont par conséquent des manières d'être de la substance, perçus sous chacun de ses attributs. Un être humain est par exemple un corps, c'est-à-dire un mode de l'étendue, et un esprit, c'est-à-dire un mode de la pensée. Il faut cependant distinguer entre modes illimités (immédiats et médiats) et modes finis : les modes illimités immédiats sont ceux qui suivent de la nature absolue de quelque attribut de Dieu; les modes illimités médiats sont ceux qui résultent médiatement de la nature d'un attribut de Dieu, par conséquent d'un attribut comme il est affecté d'une modification illimitée. Le mouvement est par exemple un mode illimité immédiat de l'étendue. >>  (Lettre 64 à Schuller)

    Selon http://spinozaetnous.org/wiki/Mode :

    << Un attribut exprime la substance telle qu'elle est en soi, un mode l'exprime secondairement, comme une propriété suit d'un principe, de façon indissociable mais cependant distincte. N'existant qu'au sein de la substance, un mode ne saurait être cause de soi, son essence n'enveloppe pas l'existence. Un mode donné doit son essence de mode à la substance et son existence à l'existence d'un attribut, si c'est un mode infini et à l'existence d'autres modes finis, si c'est un mode fini. >>

    << Un mode est une façon d'être, un état d'une substance. Si un cheval est une substance, le trot ou le galop sont ses modes. Fidèle à sa démarche génétique, Spinoza définit alors un mode comme affection d'une substance, c'est-à-dire ce qui est en autre chose, par quoi cela est conçu. Le galop n'est rien sans le cheval qui galope, il est "en autre chose", à savoir le cheval. >>

    << Pour exprimer le rapport de la substance à ses modes, on pourra tenter l'image de l'océan et de ses vagues... qui comme toute image a ses limites. L'océan serait la substance, les courants et les vagues ses modes finis. Chaque vague peut être considérée individuellement selon sa durée et son extension particulières, mais elle n'a d'existence et d'essence que par l'océan dont elle est une expression. L'océan et ses courants ou vagues ne peuvent être séparés qu'abstraitement. Le "mode infini immédiat" de cet océan-substance serait le rapport de mouvement et de repos qui caractérise la totalité de cet océan, s'exprimant donc de façon singulière en chaque vague. Le ''mode infini médiat'' serait le résultat global du mouvement et du repos des vagues de l'océan. Mais il ne faut pas voir là un processus, en fait tout cela s'imbrique en même temps, le "résultat" qu'est le mode infini médiat n'est pas chronologique, seulement logique. >>

    Selon http://paulpb.eklablog.fr/

    Les hypothèses de notre blog ont d'étonnantes accointances avec les propositions qui sont à la base de l'Ethique. Notre physique des ondes, avec sa ''substance de l'espace'' éternelle et infinie dans laquelle circulent les ondes qui sont constituées de cette substance, peut parfaitement exprimer la philosophie de Spinoza en lui donnant une base physique réaliste. La correspondance est parfaite avec l'océan et les courants, décrits dans le paragraphe précédent qui se veulent une image de Dieu et de ses attributs. Nous développerons cette idée plus loin (paragraphe N°44).

    Selon Spinoza dans son ''Court Traité''

    L'ensemble des concepts exposés par Spinoza dans la partie ''De Dieu'' de l’Éthique l'avaient été auparavant dans le ''court traité'' qu'il a écrit en latin en 1660 (publié seulement en 1870) mais qu'il a traduit en langue néerlandaise à destination de ses relations. Les termes employés sont différents, je pense plus compréhensibles pour nous. Cela nous servira de résumé.

    Voici en entier les textes des chapitres N°8 et 9. J'ai souligné en gras les termes essentiels :

    << Avant de passer à quelque autre sujet, nous diviserons maintenant brièvement la Nature totale, savoir : en Nature naturante et Nature naturée.

    Par Nature naturante nous entendons un être que par lui-même, sans avoir besoin d’aucune autre chose que lui-même (tels les attributs que nous ayons jusqu’ici signalés), nous concevons clairement et distinctement, lequel être est Dieu...

    Quant à la Nature naturée, nous la diviserons en deux, une universelle et l’autre particulière. L’universelle se compose de tous les modes qui dépendent immédiatement de Dieu ; nous en traiterons dans le chapitre suivant. La particulière se compose de toutes les choses particulières qui sont causées par les modes universels. De sorte que la Nature naturée, pour être bien conçue, a besoin de quelque substance.

    (1) Pour ce qui touche maintenant la Nature naturée universelle ou les modes ou créatures qui dépendent immédiatement de Dieu ou sont créés immédiatement par lui, nous n’en connaissons pas plus de deux, savoir le mouvement dans la matière et l’entendement dans la chose pensante. Desquels nous disons qu’ils ont été de toute éternité, et resteront immuables dans toute l’éternité. Œuvre aussi grande vraiment qu’il convenait à la grandeur de l’ouvrier.

    (2) Pour ce qui concerne le Mouvement en particulier, comme il appartient plus proprement à ceux qui traitent de la science de la Nature qu’à nous ici d’expliquer comment il se fait qu’il a été de toute éternité et doit demeurer immuable dans l’éternité, qu’il est infini en son genre, qu’il ne peut exister ni être conçu par lui-même, mais seulement par le moyen de l’étendue, de tout cela, dis-je, nous ne traiterons pas ici, mais nous en dirons seulement qu’il est un Fils, un Ouvrage, ou un Effet immédiatement créé par lui.

    (3) Concernant l’Entendement dans la chose pensante, il est aussi bien un Fils, un Ouvrage, ou une Créature immédiate de Dieu, créée de toute éternité et demeurant immuable dans l’éternité.

    Il a pour seule propriété de tout percevoir clairement et distinctement en tout temps ; d’où naît une immuable jouissance infinie ou parfaite qui ne peut omettre de faire ce qu’elle fait. Et bien que cela soit déjà assez clair par soi-même, nous le démontrerons encore plus clairement en traitant des affections de l’Âme, et c’est pourquoi nous n’en dirons ici pas davantage. >>

    44) ''De Dieu'' suivant la physique des ondes

    Après avoir étudié sur internet plusieurs interprétations en langage philosophique assez difficile à comprendre, je n'ai pas pu résister à la tentation de ''couler'' notre physique des ondes dans le moule philosophique de Spinoza. Pour ce faire, il m'a fallu beaucoup réfléchir sur le sens à donner aux textes de Spinoza et sur leur traduction en français moderne. Mais surtout je dois faire preuve d'une audace qui me sera certainement reprochée. Peu m'importe ! Voici ce que je propose :

    La ''substance de l'espace'' qui est notre hypothèse de base est, rappelons le, celle de Jean-Jacques Micalef (Les Nouveaux Principes de Physique), que nous avons adopté avec son corollaire : elle transporte les ondes de type lumière qui sont faites de cette substance. Notre deuxième hypothèse de base est que toute matière est faite d'une onde électromagnétique appelée électron qui est la dite particule élémentaire, interférence d'une onde de type lumière et d'une onde dite de structure. Ces ondes sont donc ''faites de'' cette substance et elles circulent dans cette substance de l'espace.

    Ces ondes et les énergies qu'elles transportent sont des réalités, connues et utilisées. La propriété des ondes nécessite, pour leur transport dans l'espace, l'existence obligatoire d'un milieu homogène qui est précisément cette ''substance de l'espace''. Nous avons donc conscience de ce que cette ''chose est'' et de son utilité réelle (de son essence), mais il ne nous est pas possible de justifier de son existence, de sa nature et de la ''cause'' de son existence plutôt que rien. La raison en est que la réalité scientifique de sa nature physique et chimique nous est inaccessible, du fait de la différence d'échelle entre nous et cette ''chose'', mais surtout du fait que nous ne pouvons nous en abstraire puisque nous sommes ''fait avec''.

    Cependant, que pouvons nous savoir de cette substance, quels sont ses attributs ? Ils sont considérables (infinis) par le fait que cette substance occupe tout l'espace, depuis l'infiniment petit jusqu'à l'infini de l'univers infini, et que, pour elle, le temps n'existe pas (sa durée est éternelle). Ses attributs comportent, pour la physique des ondes, non seulement tout le ''dit vide'' de l'univers, mais surtout toute la matière qui y existe ainsi que l'énergie qui est à la base de la constitution de cette matière et de la circulation des diverses ondes formées par cette énergie.

    Nous connaissons donc l'essence de cette substance qui est éternelle et infinie et qui est ''cause de soi'', ce qui signifie que ''son essence enveloppe (nécessite) son existence''. Parmi son infinité d'attributs nous en notons les principaux, l'espace-temps (l'étendue et la durée) ainsi que l'énergie. Spinoza ne parle pas d'énergie mais de mouvement, et considère que le mouvement est un ''mode illimité immédiat'' de l'étendue, c'est à dire un attribut qui en dépend immédiatement. Pour nous, tout est lié puisque c'est le mouvement d'une onde qui transfert l'énergie d'un électron à un autre (d'une onde à une autre) dans la substance. L'électron (comme la matière) peut être considéré comme un '' mode illimité médiat'' de l'énergie.

    C'est justement cette énergie en provenance du soleil qui est primitivement apparue, pour les hommes, de nature divine. Cet astre a été, et reste encore, l'objet d'une adoration particulière, comme un Dieu. Pourrait-on considérer également comme Dieu la ''substance de l'espace'' avec ses attributs principaux ? C'est bien ce que Spinoza ''entend'' par Dieu et qu'il appelle la ''nature naturante'', la matière elle, fait partie de la ''nature naturée''.

    45) La vie le corps et l'esprit selon Spinoza

    Pour Spinoza, Dieu est en fait l'ensemble de ces deux natures, Dieu est ''immanent'' à la nature, ce qui veut dire que « la Nature dite naturante (comme substance et cause) et la Nature dite naturée (comme effet et mode) sont prises dans des liens d’une mutuelle immanence : d’une part, la cause reste en soi pour produire ; d’autre part, l’effet ou le produit reste dans la cause ». G. Deleuze

    << Mettant un terme à l’ancien dualisme métaphysique, Spinoza fait de Dieu, à l’inverse des religions monothéistes qui le projettent hors du monde, un être qui n’est en aucune manière séparable de ce monde. Libéré des problèmes insolubles qui s’opposaient aux doctrines des théologiens, Spinoza peut désormais, grâce à la définition du Dieu-Nature, constituer les fondements d’une nouvelle anthropologie. D’autant qu’il a également réglé le problème de la nature cartésienne qui n’avait presque pas ''d'être'', pas de force propre ni de force intérieure. Avec Spinoza, la Nature a une force interne, elle se développe d’elle-même, elle est sa propre cause, et elle est cause de tout. >> http://marcalpozzo.blogspirit.com/archive/2009/11/30/entre-corps-et-ame-la-conception-de-l-individu-chez-spinoza1.html

    Dans la première partie de l’Éthique, Spinoza défini Dieu comme l’Être, substance absolue, inséparable de la nature et du monde, substance auto-suffisante éternelle et infinie avec tous ses attributs. Parmi ceux-ci :

    * le mouvement, c'est à dire l'énergie transportée par les ondes de type lumière,

    * le pouvoir d'auto-organisation et de structuration permis par l'onde de structure,

    Le ''mode fini qui résulte'' de ces attributs est l'électron, particule élémentaire et donc l'ensemble de la matière existant dans l'univers.

    Ajoutons maintenant un attribut oublié par Spinoza, l'intelligence logique, le langage génétique que nous avons supposé apporté à la bactérie par le virus, nous obtenons la matière vivante, ''le corps'', la Vie. Celle-ci est donc un ''mode illimité immédiat'' de ''l'étendue'', attribut infini de Dieu.

    La deuxième partie de l’Éthique est intitulée ''De la nature et de l'origine de l'esprit'' et sa première proposition est ''La pensée est un des attributs infinis de Dieu qui exprime l'essence éternelle et infinie de Dieu, autrement dit Dieu est une chose pensante''. Cette ''chose'', de même que l'intelligence logique et l'énergie dont nous venons de parler, sont, d'après Spinoza, des attributs de Dieu. Notre physique des ondes voudrait pouvoir les classer comme des éléments ou des propriétés physiques de la substance de l'espace (SE). Pour l'énergie qui se transforme en mouvement d'ondes de la (SE), cela est une réalité. Pour l'intelligence, logique ou spirituelle, pourrait-il s’agir également d'ondes particulières qui pourraient être transmises également par la (SE) ? On pourrait sans doute les comparer aux ondes olfactives transmises par l'air comme le sont les ondes sonores.

    Sur tous ces sujets, Spinoza reste dans le domaine des concepts, cependant il explique longuement que, de même que les attributs de Dieu (l'étendue et la pensée) ne peuvent être dissociés, les deux dimensions de l'homme (être corporel et être pensant) sont reliées entre elles par un rapport d'analogie structurale. La pensée humaine (esprit, âme) a une structure homologue à l'existence corporelle de l'homme. Il s'en suit que ''L'esprit humain est une partie [seulement] de l'entendement infini de Dieu'', et que ''Les idées des ''affections'' du corps humain, en tant qu’elles se rapportent seulement à l’esprit humain, ne sont pas claires et distinctes, mais confuses''.

    << L’homme ne saurait être un empire dans un empire. Dans cette unité du tout de la réalité, il s’agit de se défaire des concepts d’âme, de faculté et de libre-arbitre, ce qui nous permet de nous soustraire aux préjugés finalistes religieux, et de concevoir une anthropologie appuyée sur un système rationnel et démonstratif solide exprimant les grandes lignes de la structure de la nature. >>

    http://www.dialectiques.ironie.org/index.php?2007/11/03/10-spinoza-et-l-ame

    5) CONCLUSION

    Voici donc le moment d'apporter une conclusion au ''chapeau'' philosophique du blog de la ''physique des ondes''. A la lecture de ce qui précède, vous comprendrez que je vous invite à vous ranger du côté des penseurs ''monistes'' et de Spinoza en particulier. Je ne dirai rien de plus de la pensée créationniste, ce serait du temps perdu car la ''raison'' ne peut rien contre la ''foi'' dite ''du charbonnier'' qui était celle de ma mère. Mes parents ont eu le tort de confier mon éducation aux jésuites sans savoir que le sens critique était assez développé au plus haut niveau de la ''compagnie de Jésus'' (idem chez les dominicains). Le résultat de cette formation est que j'ai peu d'estime pour la dogmatique de façade ainsi que pour le concept d'hypocrisie qui m'a semblé régner dans ces ''confréries'' et qui transpire dans nos mentalités d'occidentaux. Il faut cependant reconnaître que cet état d'esprit est bien utile pour se protéger et que, finalement, l'attitude hypocrite semble une technique plus efficace pour faire évoluer les mœurs que l'attaque frontale de type révolutionnaire. Galilée en se mettant à genoux a fait plus pour l'évolution des mœurs et de la science que Giordano Bruno en brûlant sur son bûcher. Les récentes péripéties politiques de notre élection présidentielle vont probablement en faire la même démonstration.

    Je dois, pour terminer cette rubrique, tenter de résumer au mieux la leçon de vie et de pensée que Spinoza a voulu exposer dans son Éthique. Cette charge est pour moi délicate car je n'ai pas étudié suffisamment les trois dernières parties de l’œuvre. J'ai donc décidé de confier ce soin à des spécialistes en choisissant des extraits de leurs textes qui correspondent à mon sentiment.

    Patrice Deramaix, au cours de son étude ''Spinoza et l’Âme'' en fait une sorte de résumé sur le site :

    http://www.dialectiques.ironie.org/index.php?2007/11/03/10-spinoza-et-l-ame

    << ...L’Éthique est une théorie globale de l'homme destiné à créer les conditions de son bonheur, à savoir la connaissance adéquate de sa nature et l'intuition de Dieu, connaissance et intuition duquel se dégagera une éthique comportementale... >>

    Frédéric  Lenoir,  remarquable  philosophe  et  sociologue  vient  de  faire  paraître :   ''Le Miracle SPINOZA'', excellente brochure qui fait connaitre la vie de Spinoza et son œuvre.  Il écrit :  << Certes, la lecture de son œuvre majeure, l'Ethique, n'est pas aisée. Je l'ai lue de nombreuses fois, et certains passages me restent encore obscurs. Mais peu importent les difficultés, j'en retire sans cesse de nouveaux éclairages qui aiguisent mon esprit, me plongent dans l'enthousiasme, changent parfois mon regard et m'aident à vivre mieux. Spinoza est un de ces auteurs qui peuvent changer une vie. >> La lecture du livre de F. Lenoir nous permet d'aborder ''L'Ethique'' avec plus de clarté et de bonheur.

    Victor Brochard écrit dans son ''Études de philosophie ancienne et de philosophie moderne'' le texte suivant que j'ai trouvé sur le site : https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Dieu_de_Spinoza

    << ...Il y a donc deux sortes de certitudes, l’une mathématique ou rationnelle, l’autre morale, indépendantes l’une de l’autre, légitimes toutes deux, quoique de valeur différente...De même il y a deux puissances distinctes et entièrement indépendantes l’une de l’autre, la philosophie et la théologie, nous tenons pour une vérité inébranlable que la théologie ne doit pas relever de la raison ni la raison de la théologie, mais que chacune est souveraine dans son domaine. De même encore, il y a deux manières d’arriver à la béatitude et d’assurer son salut. Le philosophe y parvient en conformant sa conduite à la raison, c’est-à-dire en comprenant que la vertu est le suprême bien, en domptant ses passions, en observant la justice, la charité, et en aimant son prochain comme lui-même. Les autres hommes atteignent le même but en obéissant aux préceptes de la religion ou aux règles de la piété. Par des chemins différents ils arrivent aux mêmes points, pour des raisons différentes ils accomplissent les mêmes actions. >>

    << ...C’est qu’en effet, selon Spinoza, ce qui importe avant tout, c’est la conduite de l’homme. La science n’a tout son prix que parce qu’elle s’achève naturellement par la vertu qui en est aussi inséparable que la chaleur du soleil... Ainsi le philosophe et le croyant, par des chemins différents, arrivent au même résultat, l’un parce qu’il connaît avec évidence la vertu et le vrai bien, l’autre parce que, sans comprendre, mais par obéissance, il applique les mêmes préceptes...Il paraît donc que dans la controverse si souvent renouvelée sur les rapports de la raison et de la foi, Spinoza a pris une position toute particulière, sans précédent, et peut-être sans analogue dans l’histoire de la pensée humaine. >>